LUC ALPHAND CONTRAINT DE QUITTER LA FRANCE

Janvier rappelle forcément de beaux souvenirs à Luc Alphand. Jeudi marquera ainsi le 20e anniversaire de son sacre sur le Dakar au volant d’un Mitsubishi Pajero. Mais ce 14 janvier marque également le 31e anniversaire de son incroyable exploit à Kitzbühel.

A quelques heures d’intervalle, Luc Alphand remporte en effet les deux descentes qui se tiennent sur la mythique Streif. Le Briançonnais est métamorphosé. Deux ans plus tard, il rejoint même Jean-Claude Killy dans la légende du ski français en décrochant le gros globe du classement général de la Coupe du monde.

Pourtant, malgré la perspective des Jeux Olympiques à Nagano, le natif des Hautes-Alpes décide quelques mois plus tard de prendre sa retraite. Une décision radicale qui en préfigure une autre, vingt ans plus tard. Luc Alphand décide en effet en 2017 de quitter la France pour s’installer dans la Principauté d’Andorre. La raison ? L’énorme polémique qui l’a frappé après la parution de photos d’une partie de chasse en Russie où il apparait à côté de la dépouille d’un ours. Durant plusieurs mois, l’ancien skieur a été victime d’insultes, d’intimidations et même de menaces de mort. C’en est trop pour l’ancien champion de ski.

" Ce n’est pas facile de quitter son pays"

« Je suis parti parce que les menaces étaient très fortes. Il y a eu beaucoup d’intolérance. J’ai voulu protéger ma famille. Cette photo avec un ours, ce n’était même pas moi le chasseur », confiera-t-il, plus tard, auprès de France Bleu, ajoutant: « Ce n’est pas facile de quitter son pays, sa famille et ses amis, mais je suis heureux ici en Andorre. »

Interrogé dans les colonnes de Ski Chrono quelques mois plus tôt, Luc Alphand évoquera également les menaces de mort dont il a été la cible, défendant son approche de la chasse. « J’assume d’être chasseur depuis longtemps et je ne me suis jamais caché, je passe dans des magazines de chasse, je participe à des reportages. Je ne m’en vante pas, d’ailleurs, je ne possède pas de profil Facebook. Cela fait 35 ans que je chasse. J’ai mon éthique. Quand je vais chasser, je vais surtout à l’approche, c’est plus dans l’esprit d’une expédition, d’un voyage et de la découverte, expliquera-t-il. Je comprends que cela puisse choquer et que certains n’aiment pas la chasse mais je ne veux pas être le bouc émissaire de deux mondes qui s’opposent depuis la nuit des temps. Je suis un fier défenseur du million et demi de chasseurs en France qui sont plus garants de la biodiversité que beaucoup d’écolos donnent des leçons et lancent des menaces de mort de manière anonyme sur le web.»

2026-01-14T04:04:48Z