Les influenceurs français expatriés et bloqués à Dubaï sont rassurés, alors que les vols reprennent doucement depuis le début du conflit avec l'Iran. Mais après avoir appelé la France à l'aide, l'animateur Sam Zirah dénonce sur RMC une parole bridée et des influenceurs qui "crachent sur la France" et leurs abonnés.
Les influenceurs français à Dubaï changent de ton. Après s'être montrés sur leurs réseaux sociaux très inquiets des bombardements iraniens, ils se disent désormais rassurés et protégés, alors que les vols reprennent doucement.
Entre temps, ils ont appelé la France à l'aide demandant à être rapatriés, suscitant les moqueries sur les réseaux sociaux. Mais ils ont depuis fait volte-face, en même temps que les autorités émiraties partageaient un message menaçant de poursuites ceux qui diffuseraient des vidéos non-sourcées sur le conflit.
Invité de RMC Story ce 3 mars 2026, Sam Zirah, l'animateur et créateur de contenus aux 2 millions d'abonnés sur Youtube, a exprimé des réserves sur le comportement des créateurs français expatriés dans le paradis fiscal qu'est Dubaï. Mais il tient d'abord à "rationaliser les choses". Selon lui, "il faut revenir aux sources, on ne peut pas se réjouir de quelqu'un qui vit des bombardements."
"Le rapatriement n'est pas conditionné à si on aime ou non quelqu'un. Je ne suis pas le ministre en charge de cette décision mais c'est important de récupérer de la rationalité dans notre discours", rappelle-t-il.Car de nombreuses personnes évoquent l'idée de ne pas leur venir en aide, pointant du doigt un choix qu'ils ont fait en s'installant là-bas. D'autres se moquent ouvertement, en commentaire ou message privé, de leur situation. Sur notre antenne, aux Grandes Gueules, lundi 2 mars, Bruno Poncet et Charles Consigny mettaient, eux, en avant la possibilité de leur faire payer le rapatriement "jusqu'au dernier centime".
"Un Français est un Français. Est-ce qu'on conditionne son rapatriement à un jugement de valeur?", veut nuancer Sam Zirah sur RMC Story.Mais il comprend que certains internautes soient dubitatifs face à la situation actuelle: "Comment en vouloir aux utilisateurs français quand, depuis des années, certains influenceurs leur crachent au visage, au-delà du luxe et de tout ce qu'ils peuvent vivre par rapport aux Français qui galèrent dans notre pays?".
Il admet quand même que "le moment n'est pas propice" et que lui "ne le ferai pas".
"Ce qu'ils leur reprochent c'est de cracher sur la France, d'avoir eu des propos qui sont durs, inacceptables", précise Sam Zirah.Mais attention, "il ne faut pas mélanger la sécurité avec l'économie et l'exil fiscal". Sécurité qui a été remise en cause ces derniers jours, après des vidéos publiées en story, par Maeva Ghennam notamment, particulièrement inquiète face aux bombardements de missiles iraniens.
L'ancienne candidate des Marseillais disait, entre autres: "Ça a bombardé, mes vitres tremblent. Regardez, c'est juste au-dessus de nous. Le bruit était encore plus fort que les autres fois, j'ai trop peur." Même si elle a, depuis, fait volte-face.
Le créateur de contenu explique "comprendre sa crainte, qu'elle soit complètement paniquée" mais s'interroge sur ce changement de discours. Il rappelle que les Emirats arabes unis ne sont pas une démocratie, et cite une autre créatrice qui aurait fait une "vidéo intéressante" à ce sujet.
Mélanie Dedigama, ancienne candidate de Secret Story, dit à demi-mot dans sa story: "Je ne sais pas véritablement ce que j'ai le droit de vous dire, ce que je n'ai pas le droit de communiquer". Selon lui, elle essaie de communiquer sa peur "mais on la sent complètement réfrénée dans son discours", soulevant "énormément de questions" sur leur situation.
"On sait que Dubaï et les Émirats n'aiment pas que les gens qui habitent là-bas critiquent", affirme-t-il.Sur X (anciennement Twitter), le compte officiel du ministère public des Émirats arabes unis le confirme, mettant clairement en garde les utilisateurs de réseaux sociaux avec ces mots: "toute personne qui partagerait ou même reposterai du contenu issu de sources non vérifiées ou non gouvernementales s'expose à des poursuites judiciaires."
Pour Sam Zirah, "avec les bombardements sur les bases, les influenceurs se rendent peut-être compte que ce n'est pas l'Eldorado où tout est tout le temps nickel."
La sécurité qui était, pour la majorité d'entre eux, la raison de leur exil à Dubaï, mais qui selon Sam, n'était qu'un "prétexte" pour beaucoup: "Il y a très peu d'influenceurs qui ont assumé partir à Dubaï pour la fiscalité."
Des influenceurs aujourd'hui beaucoup critiqués ou moqués sur les réseaux sociaux, mais qui ne se remettent pas en question. Pour prendre l'exemple de Maeva Ghennam, en tant qu'influenceuse, elle devrait selon lui "avoir la responsabilité et la réflexion de se dire que beaucoup de Français la critiquent et réfléchir pourquoi."
"Étant donné qu'elle a une responsabilité avec ses millions d'abonnés, elle pourrait essayer de parler avec eux et de comprendre pourquoi ils ont cette opinion d'elle", suggère Sam Zirah.Surtout qu'ils ont "besoin de la France", rappelle-t-il. C'est dans ce contexte qu'il s'est dit "complètement estomaqué" après la story d'une autre célèbre influenceuse, Jazz, qui habite aussi à Dubaï.
Cette dernière a dit sur Instagram: "C'est officiel, les Français sont à gerber". Et ce n'est pas la première fois que la membre de la JLC Family tient ce genre de propos, elle avait déjà été filmée à son insu dans une vidéo de Marie s'infiltre. "Je suis désolé mais comment on peut dire ça quand on vend ces programmes de téléréalité en France", regrette l'animateur et youtubeur.
La question de leur rapatriement reste toujours en suspens, alors que la France se prépare à affréter des vols pour rapatrier ses ressortissants "les plus vulnérables". Annonce du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur BFMTV ce mardi 3 mars.
2026-03-03T11:02:43Z