PROJET D’AUTOROUTE A69 : LE CONCESSIONNAIRE TOUCHE 79 MILLIONS D’EUROS D’ARGENT PUBLIC POUR LES RETARDS ACCUMULéS

L’État français a versé 79 millions d’euros au concessionnaire Atosca pour compenser l’interruption des travaux de l’autoroute A69 entre février et mai 2025, suite à l’annulation de l’autorisation environnementale par le tribunal administratif

Indemnisation - L’État français a versé 79 millions d’euros au concessionnaire Atosca pour compenser l’interruption des travaux de l’autoroute A69 entre février et mai 2025, suite à l’annulation de l’autorisation environnementale par le tribunal administratif

L’Etat français a dédommagé le concessionnaire de la future autoroute A69 à hauteur de 79 millions d’euros après la longue interruption du chantier en 2025. Les travaux de ce nouvel axe Toulouse-Castres avaient été interrompus le 27 février 2025 par un jugement du tribunal administratif de Toulouse, lequel avait annulé l’autorisation environnementale accordée à ce projet. L'A69 est l’objet d’une vive contestation de la part des associations de défense de l’environnement.

Le chantier a ensuite été autorisé à reprendre fin mai, à la suite d’une première décision provisoire de la cour administrative d’appel de Toulouse qui a finalement validé au fond le 30 décembre l’autorisation environnementale. Le Conseil d’Etat est désormais saisi du dossier.

L’interruption intervenue entre février et mai a « bouleversé l’équilibre économique du contrat » passé entre l’Etat et le concessionnaire Atosca, a expliqué une source ministérielle, confirmant le versement d’une indemnisation à Atosca, révélé par le média d’investigation Mediacités.

Un surcoût qui s’ajoute au budget total

Ce bouleversement a rendu nécessaire une négociation au terme de laquelle un dédommagement a été arrêté, autour de 79 millions d’euros, selon la même source. Un montant « quasiment divisé par deux par rapport aux demandes initiales » d’Atosca, a-t-elle précisé. « Cela permet de venir prendre en charge les surcoûts qui s’imposent à l’entreprise, au concessionnaire, et n’étaient pas prévus dans le contrat initial, à cause de l’arrêt du chantier », détaille la source ministérielle.

Le ministère des Transports, qui « déplore » cette situation, note qu’elle « est le résultat des recours judiciaires qu’il y a eu contre ce chantier qui était déjà très engagé » et d’une « quasi-obstruction judiciaire par les opposants ». Ces 80 millions de « surcoûts » viennent « renchérir » le budget total, qui était estimé entre 400 et 500 millions d’euros, a ajouté le ministère.

Colère du collectif d’opposants La voie est libre

« L’Etat est un larbin servile qui se couche devant NGE-Atosca et les forceurs de l'A69 », a fustigé le collectif d’opposants La voie est libre, dénonçant un « système organisé pour offrir à un groupe privé son autoroute sur fonds publics ».

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2026-03-03T14:53:31Z